05-06-2007
Médecins qui se transforment en juges ...
Nous avons été traumatisés par un acte de violence gratuite portée contre une jument innocente qui avait la malchance de se trouver là, avec mon étalon espagnol Marinero, en lune de miel, pour faire un poulain. Un acte barbare de toute vraisemblance proté contre nous dans la volonté de nuire lui a ôté la vie, alors qu'elle n'avait de toute sa vie jamais rien connu d'autre que de la genitllesse et de l'amour. Jamais un seul geste brutal, ni même un mot fort : elle était la chérie incontestée de son propriétaire, mon ami Arnaud, et qui se joint à moi pour dénoncer ceux qui se sont portés contre nous dans un esprit malsain, et les démarches calomnieuses dont nous avons souffert par la suite.
Car l'horreur ne s'arrête pas là. S'y est ajouté le comportement aberrant d'un vétérinaire qui a pris la liberté de diffuser derrière notre dos des accusations calomnieuses basées sur la seule présomption de culpabilité liée à l'idée qu'il se fait de .... accrochez-vous : la naturopathie et la phytothérapie !
Oui, vous avez bien lu. En me prenant, Michel Larroche, docteur en médecine, pour un naturopathe, donc un charlatan "exerçant illégalement la médecine vétérinaire", en prenant ma compagne, spécialiste en communication étrangère, affaires du cheval et psycholinguistique, qui avait travaillé en tant que communicante pour un producteur français en phytodiététique animale, laboratoire reconnu pour la qualité de ses produits et agréé entre autres par la Directions des Services Vétérinaires, pour une empoisonneuse (sic !), il s'est permis de nous accuser d'actes répréhensibles (voir article Lubie ou L'Ordre de la haine)
L'Ordre des vétérinaires que nous avons contacté à ce sujet n'a pas jugé opportun de voir dans ce comportement odieux un manquement à la déontologie. Il est à craindre que ceci n'exprime malheureusement le mépris de la naturopathie et toutes démarches de thérapeutiques complémentaires par l'Ordre établi. Je n'en resterai certainement pas là, et oùtre la recherche et poursuite des coupables jusqu'à ce qu'ils soient identifiés et punis, je ne lâcherai pas prise mais demanderai explications et comptes à qui de droit, pour les violations constatés aux règles déontologiques, qui se doivent d'être respectées par tous, même par ceux qui les édictent !
Vous trouverez, dans l'article intitulé Lubie ..., des renseignement détaillés sur l'affaire et le triste événement qui a frappé notre Lubie, Anglo-Arabe assassinée à l'âge de 8 ans. Pour le lire, cliquez sur le lien Lubie ou l'Ordre de la haine ici ou dans l'index ci-contre. Je n'ai pas voulu rendre cet article directement visible car il pourrait choquer la sensibilité de certains.
affaire à suivre
Michel Larroche
05-03-2007
Lubie ou L'Ordre de la Haine
Elle était belle. Très belle. Je l’aimais, Arnaud aussi. Son exubérante crinière rousse, sa robe alezane et ses allures magnifiques lorsqu’elle galopait suscitaient l’admiration de tous. Elle n’était pas seulement belle, elle était douce. Elle portait un joli nom : Lubie. Elle n’avait fait de mal à personne. Pour Arnaud, elle représentait l’amie, la sœur, l’enfant, la compagne, tout cela à la fois. Il me l’avait confiée parce qu’elle formait un très beau couple avec mon étalon. Si le bébé était une pouliche, elle était pour lui. L’éventuel petit mâle était pour moi.
Celles-ci sont les seules photos que j'ai de Lubie. En effet, je lui avais lavé la crinière la veille et voulais faire une grande toilette à la belle et à son chéri, mon étalon Andalou "Marinero", pour les prendre en photo ensemble, le jour de l'horreur. Marinero n'est "qu'un cheval", mais il a mis longtemps pour ce remettre du choc, lui aussi. Quant à moi, et Arnaud, nous n'en sommes pas remis. - L'auteur du crime, un jour, s'en souviendra ...
Le matin du jeudi 5 avril 2007, je l’ai
trouvée effondrée sur le seuil de l’écurie, raide morte, manifestement tuée sur
le coup, un trou profond dans l’encolure. Nous avons tous, gendarmes en tête,
cru à une balle. Nous savons maintenant qu’il s’agissait d’un objet perforant
du type épieu à sanglier. Ou baïonnette, ça revient au même et correspondrait
davantage aux hématomes périphériques et à l’absence d’écoulement sanguin.
L’intention de nuire était manifeste, quelqu’un me voulait du bien. Tout peut
être supposé, depuis le cinglé de passage jusqu’à l’option préférentielle
«concurrent jaloux». Rien n’est à exclure, et l’humanité ne peut plus me
surprendre.
Ce n’est pas pour vous parler du choc, du chagrin que nous avons tous ressenti ni de l’ignominie de celui qui a pu commettre un tel acte que j’écris ceci. Je n’ai envie ni de me plaindre, ni de faire pleurer Margot, ce n’en est ni le lieu ni le sujet. Ce n’est pas de ce traumatisme que je veux vous entretenir mais de celui qui m’a été infligé en prime, histoire d’en rajouter un peu et même beaucoup, par un sale individu.
Un vétérinaire.
Vous vous doutez que je ne vous dirai ni son nom ni où il exerce. Mais l’histoire, pour sordide qu’elle soit, n’en est pas moins strictement authentique, et toute ressemblance avec un personnage existant ne saurait être le fruit du hasard.
Je ne l’avais jamais vu. Je l’ai tout naturellement appelé pour d’excellentes raisons : il était le cousin d’Arnaud et son vétérinaire. Il était spécialisé dans le bétail et les chevaux. Il était en prime le plus proche géographiquement. La procédure la plus logique et qui, en l’occurrence, nous paraissait normale au gendarme et à moi, était d’effectuer une recherche du projectile présumé et de faire sans tarder embarquer le corps pour le mettre en chambre froide, ce qui aurait permis au vétérinaire légiste de disposer de tous les éléments pour déterminer la cause exacte de la mort. Je voulais savoir, je voulais une autopsie. Le vétérinaire, au téléphone, déclare s’occuper de l’affaire et faire toutes demandes aux services concernés.
Il n’est venu qu’à cinq heures du soir. Dès son arrivée, il s’est montré hautain, désagréable, et coupait court à toute tentative de communication. Il s’est contenté de prélever le liquide qui suintait dans le fond de la plaie, pour analyse, promettant de revenir le lendemain matin avec son appareil de radiographie portable pour rechercher la présumée balle ou des débris. Nous n’avions, bien entendu, pas été heureux de sa première proposition de couper l’encolure pour emporter la tête à son cabinet afin d’effectuer cette opération. Les limites du supportable sont souvent courtes. Comme il voyait de son côté des difficultés à faire une telle ablation, nous étions soulagés qu’il préfère revenir pour travailler sur place.
Le lendemain matin, pas de vétérinaire, pas
moyen de le joindre au téléphone. Il prétendit par la suite qu’il avait passé
sa journée à porter les prélèvements au laboratoire. Arnaud, vers l’heure du
déjeuner, nous téléphone pour nous avertir qu’il l’a contacté : le
vétérinaire prétend qu’il n’est pas habilité pour une autopsie, et se déclare
très gêné car nous sommes des clients et qu’il est le cousin du propriétaire
qui est également son client. Je me sens estomaqué par de pareils arguments.
Qu’est-ce que ça peut bien venir fiche dans la procédure qu’il faudrait
poursuivre d’urgence ?

Nous n’avons donc plus de vétérinaire. Nous sommes à la veille du week-end de Pâques, les vétérinaires compétents dans le domaine équin sont géographiquement très loin et indisponibles. Je demande donc, avec l’accord du gendarme chargé de l’affaire, à un ami guide de chasse assermenté de l’Office National des Forêts et expert en balistique, de tenter d’extraire la balle. Ce n’en est pas une. C’est une plaie provoquée par un objet perforant, et qui ne peut être, à elle seule, cause d’une mort aussi brutale. Le mystère reste entier, et l’autopsie détaillée est plus que jamais nécessaire. Seulement, voilà : le peu d’empressement et les atermoiements de ce vétérinaire qui, on ne sait pourquoi, s’est défilé font que le corps va rester en plein air trois jours de plus, ce qui en fera cinq au total : les équarrisseurs ne passent pas les jours fériés. Et le week-end s’annonce chaud d’après la météo…
À sept heures du soir, le vétérinaire débarque et pique une épouvantable colère parce qu’on a osé toucher à la jument hors de sa présence, nous accusant de « dissimulation de preuves » et menaçant de porter plainte contre le guide de chasse pour exercice illégal de la médecine vétérinaire. Il est extrêmement agressif et inaccessible à tout dialogue. Nous alertons immédiatement le gendarme chargé de l’enquête, et avec son accord et en sa présence le vétérinaire revient le lendemain matin pour des examens supplémentaires.
Le lendemain, au lieu de commencer tout de suite le travail qui est de sa compétence, il nous soumet à un interrogatoire dans le style enquête d’allure policière, à tel point que le gendarme est contraint de le remettre assez rudement à sa place en lui demandant de se cantonner à son métier.
Je résume si vous le voulez bien. Je n’ai aucune envie de vous raconter dans le détail comment j’ai dû traîner le corps de ma Lubie avec le tracteur, comment j’ai dû tirer sur la tête pendant qu’il la lui coupait, ni ce que j’ai pu ressentir quand il lui a ouvert le ventre pour prélever des organes, et encore moins ce que nous avons vécu pendant les trois jours où notre amie jument a pourri au soleil devant notre porte avant qu’enfin on l’enlève le mardi matin.
Non, Mesdames et Messieurs, chers lecteurs, ce ne sont pas les détails de ce roman d’horreur qui importent ici : ce qui est réellement navrant, effarant, inimaginable et grotesque, ce sont les vraies raisons de l’attitude complètement aberrante et de l’hostilité profonde de ce vétérinaire à notre égard, qui nous ramène de la manière la plus inattendue à un sujet qui nous concerne tous.
Ma compagne a travaillé pendant quelques années en communication internationale pour un laboratoire de compléments phytodiététiques pour animaux dont elle portait le logo sur sa fourgonnette (1). Quant à moi, je me suis déjà présenté et mes ouvrages montrent clairement ce que je fais (2). Mais ce monsieur, manifestement, ne se commettait point dans ce genre de lecture. Il ne me connaissait pas, mais avait prêté foi à ces vagues ragots sur tout et tout le monde qui courent dans nos campagnes et font leur charme discret. Il avait entendu dire que j’étais naturopathe, il s’imaginait que ma compagne soignait les chevaux avec des plantes parce qu’il avait vu le logo sur sa voiture. Ces turpitudes réelles ou supposées étaient suffisantes à ses yeux pour nous accuser formellement d’avoir injecté un produit dangereux de phytothérapie à Lubie et d’avoir cherché à maquiller notre faute en crime commis par un tiers. Si, si, sans blague ! Il est bien connu que ce sont les remèdes d’origine chimique synthétisés en cuves qui sont totalement dépourvus d’effets secondaires. Par contre, j’ai le regret de devoir vous annoncer qu’il existe des plantes toxiques comme les Solanées (belladone, jusquiame, datura…), que Socrate a passé l’arme à gauche parce qu’on lui a fait boire de la teinture-mère de ciguë (Cicuta Virosa), qu’il ne faut jamais enfiler vos brochettes sur des branches de laurier-rose car vous serez terrassés par une colique très productive, etc.… etc.…
Pardonnez-moi, j’ai été un peu long à raconter mes petites misères. Mais si je me résume, j’ai vécu cette horreur parce qu’un soi-disant professionnel s’était collé dans la tête l’idée fixe de me traiter en ennemi sur la base de ses imaginations, et de me planter à tout prix pour pouvoir redorer son blason défraîchi en menant sa petite chasse aux sorcières personnelle et sa Guerre Sainte contre les dérives thérapeutiques et les charlatans. Et grâce à une telle sombre obsession, je ne saurai jamais la vérité : essayez donc de faire une autopsie viable sur des tissus en putréfaction avancée.
Peut-on avancer comme définition du charlatan : « professionnel à qui on fait confiance et qui trahit cette dernière à cause d’un jugement de valeur sans rapport avec la situation » ? Si je reformule la question : un professionnel de la santé quel qu’il soit a-t-il le droit de porter des jugements de valeur ? Découlant de celle-ci, une autre vient à l’esprit : a-t-il le droit d’orienter son travail de diagnostic, et éventuellement la sanction thérapeutique, en prenant pour base une idée pré établie découlant d’un jugement de valeur ?
La déontologie et l’éthique me paraissent des notions qui font très joli sur un papier mais restent, hélas, du domaine de la littérature.
Vous me direz peut-être : « D’accord, ce vétérinaire est un imbécile, mais il n’y a pas mort d’homme. Un médecin ne ferait jamais cela. » Ben voyons !
Précisément, parlons-en : M. Dugenou est adressé à l’hôpital par son médecin traitant pour une symptomatologie à type de crampes très violentes, enraidissements musculaires majeurs et violent trismus. (3) L’assistant et les internes qui le reçoivent commencent par consulter le dossier médical qu’il a amené avec lui, et c’est ici que les horreurs commencent. Cet homme est habituellement soigné par un médecin homéopathe. Conclusion immédiate et sans appel, dans le cadre du raisonnement habituel par syllogisme : en logique formelle, opération par laquelle, du rapport de deux termes avec un troisième sont tirées des conclusions erronées. Exemple : tous les chevaux sont mortels, or je suis mortel, donc je suis un cheval (conclusion syllogique). Autre exemple très adapté à la situation actuelle : il y a des médecins charlatans, or je suis médecin, donc je suis un charlatan.., et, dans le cas qui nous intéresse, certains homéopathes sont contre les vaccinations, or son médecin est homéopathe, donc il est contre les vaccinations, et, en deuxième conclusion, le carnet de vaccination doit être considéré comme bidon, pour les grands classiques ici présents « faux et usage de faux ». Donc, ipso facto, les vaccins mentionnés dessus n’ont pas été réellement effectués. On ne discute pas avec la logique formelle, encore moins lorsqu’elle s’exerce dans le cadre d’idées toutes faites, et à plus forte raison si celles-ci sont fixes. Le diagnostic de tétanos est donc établi, et les soins immédiatement entamés. Vive l’efficacité.
M. Dugenou a failli crever. Il avait été vacciné avec le plein accord de son homéopathe qui, en tant que tel, savait parfaitement éviter les effets indésirables de ce genre de manœuvre. Il n’avait pas le tétanos : la tétanie, forme majeure de spasmophilie dont il souffrait en l’occurrence et à laquelle, trois fois hélas, certains médecins s’obstinent à ne pas croire (est-il besoin de dire qu’en médecine, il vaudrait mieux éviter de croire et qu’il serait beaucoup mieux de constater puis chercher des solutions ?), était le symptôme de surface de quelque chose de beaucoup plus profond. Je n’ai malheureusement pas d’information sur le « quelque chose » en question. Mais le diagnostic a été complètement zappé par braquage mental et systématique sur une idée toute faite bâtie sur un jugement de valeur sans fondement.
M. Dugenou est maintenant soigné par un naturopathe, et, ma foi, ne s’en porte pas plus mal. Il a, lui, adopté le syllogisme « il y a des médecins tueurs, donc tous les médecins sont des tueurs».
Je rassure tout de suite mes amis vétérinaires, je n’ai pas tenu le même type de raisonnement après l’affaire Lubie. Je dois dire d’ailleurs que ceux que je fréquente habituellement ont été purement et simplement abasourdis pour ne pas dire horrifiés du comportement de leur confrère. Pas tous, apparemment : estimant avoir droit à la colère, au chagrin et à la sensation d’injustice, j’ai contacté le président de l’Ordre des Vétérinaires de ma région. Non pour « casser » le fautif, je ne suis pas du genre à vouloir la mort du pécheur, mais au moins pour qu’ils se fasse remonter les bretelles et évite désormais ce genre de comportement qui peut, je m’en suis rendu compte tristement, faire extrêmement mal. J’ai eu droit à une réponse dans une langue de bois qui rendrait mortellement jaloux nos ministres eux-mêmes toutes tendances politiques confondues. Je me plaignais d’un manque d’éthique et d’un irrespect de la déontologie, qui sont en l’occurrence parfaitement des compétences de l’Ordre, et il m’était répondu par un sermon sur la compétence et le libre choix technique du praticien, assorti d’une menace voilée d’accusation de pratique illégale de la médecine vétérinaire : solidarité de corps, contre les méchants phytothérapeutes et naturopathes, oblige.
Ça m’apprendra à vouloir tester l’utilité de ce genre d’instance et à refuser en la matière les idées toutes faites.
Je pense qu’il va falloir que je potasse, un de ces quatre matins, le mode d’emploi des Conseils de l’Ordre divers et variés censés régir les comportements de leurs affiliés. Je risque fort de pondre un bouquin supplémentaire, extrêmement copieux, sur les incohérences et incongruences entre l’Esprit et la Lettre, et serais absolument navré si, d’aventure, je devais tomber sur des histoires juteuses de sanctions ou relaxes décidées à la tête du client et en fonction du copinage. Ce qui, bien entendu, me paraît hautement improbable…
La Gendarmerie, quant à elle, est loin d’être dupe et poursuit les investigations avec les moyens dont elle dispose. Le recoupement avec d’autres éléments est suffisant pour que l’enquête aboutisse. Pour ma part, Lubie la belle dans sa mort m’a appris que si nos chevaux ont bien des cœurs d’or, nous aurons désormais des balles de plomb. Ceci n’est pas une menace, c’est une promesse.
Michel Larroche
(1) Herbo Vital - laboratoire français pour produits phytodiététiques pour animaux, numéro d’agrément attribué par la D.S.V (Direction des Services Vétérinaires): FR 37-123-03. Depuis le début de l’année 2004, contrôlés par Qualité France qui a accordé à Herbo Vital une licence (n° 2004-11562) pour une partie de ses produits pouvant être utilisés en Agriculture Biologique. Produits agréés également pour l'agriculture biologique en Suisse.
(2) Michel Larroche, ... Et si mes cellules savaient apprendre ?, Guy Trédaniel Editeur
(3) spasme extrêmement serré des muscles de la mastication empêchant totalement l'ouverture de la bouche